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Guide insuffisance cardiaque

Environ 250 000 personnes en Suisse ont un cœur affaibli, ce que l’on appelle l’insuffisance cardiaque. Le cœur ne peut plus pomper suffisamment et cela porte souvent atteinte à la qualité de vie des personnes touchées. Vous trouverez sur ce site des informations utiles sur la maladie, la prévention et des conseils pour agir.

Diagnostic et traitement de l'insuffisance cardiaque

Mis à jour le 13 mai 2026

Si vos troubles semblent indiquer une insuffisance cardiaque, il faudra faire faire des examens précis chez le médecin. Celui-ci auscultera d’abord cœur et poumons, contrôlera votre tension artérielle, votre pouls et votre poids et vous examinera à la recherche d’œdème.

Comment mon cœur va-t-il être examiné?

  • Des analyses de sang servent à déterminer divers chiffres, en particulier l’hormone cardiaque BNP. Il s’agit d’un peptide présent dans le sang qui montre si le cœur est surchargé. Le taux de BNP dans le sang renseigne sur le degré de gravité de l’insuffisance cardiaque. Si le taux de BNP est normal, une insuffisance cardiaque est très improbable.
  • L’échocardiographie est un examen du cœur par ultrasons qui permet de visualiser son volume, sa structure, sa capacité d’éjection et le fonctionnement des valves.
  • L’électrocardiogramme (ECG) révèle si un trouble conductif (transmission électrique ralentie au sein du muscle cardiaque) contribue à la faiblesse de votre cœur. L’ECG à long terme se fait à l’aide d’électrodes collées pour 24 heures sur le thorax. Elles transmettent toutes les activités électriques du cœur à un appareil qui les enregistre pour analyse ultérieure. Ceci permet de révéler des irrégularités du rythme cardiaque.
  • Un test d’effort, par exemple marche pendant 6 minutes, renseigne sur les capacités de votre cœur à l’effort physique.
  • L’examen par cathétérisme cardiaque révèle des artères coronaires rétrécies ou obstruées et donne aussi des renseignements sur la capacité d’éjection de votre cœur.
  • L’imagerie par résonance magnétique (IRM) permet de visualiser le fonctionnement du cœur et des valves.

Ces examens sont en principe indolores et ne devraient vous poser aucun problème.

Quels médicaments va-t-on me donner?

Le but du traitement de l’insuffisance cardiaque est de soulager vos symptômes, de ralentir la progression de la maladie et d’allonger votre vie tout en vous offrant une qualité de vie aussi bonne que possible. En outre, un bon traitement réduit le risque d’aggravation subite de la maladie qui met souvent la vie en danger et nécessite en général une hospitalisation d’urgence.

Pour soigner l’insuffisance cardiaque, on utilise des médicaments. Les médicaments choisis dépendent de vos troubles et du degré de gravité de votre insuffisance cardiaque. Le plus souvent, on combine différents médicaments, au début souvent à faible dose. Si vous supportez bien les médicaments, on augmente progressivement la dose. L’important est que vous preniez scrupuleusement tous vos médicaments comme le médecin vous l’a prescrit.

Les principaux groupes de médicaments utilisés en cas d’insuffisance cardiaque sont les suivants:

  • Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IEC) ou les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II (ARA) réduisent la production d’hormones qui contractent les vaisseaux sanguins. Les vaisseaux sanguins se dilatent et la tension artérielle baisse, ce qui soulage le cœur. Ces médicaments sont tout d’abord administrés en petites doses que l’on augmente lentement.
  • Les bêtabloquants protègent le cœur des effets néfastes des hormones de stress. La tension artérielle et la fréquence cardiaque diminuent. Au début du traitement, il se peut que vous vous sentiez fatigué-e, mais cet effet se dissipe en général avec le temps.
  • Les antagonistes de l’aldostérone réduisent les effets négatifs d’une hormone appelée aldostérone qui favorise la rétention d’eau dans l’organisme. En outre, l’aldostérone fait raidir le cœur, ce qui, à la longue, est mauvais pour le cœur affaibli. Ces médicaments protègent donc le myocarde de ces effets indésirables.
  • Les diurétiques sont des médicaments qui favorisent l’élimination d’eau. Ils aident le corps à éliminer l’excès d’eau et de sel. L’accumulation d’eau dans les poumons et dans les jambes se résorbe. Il est probable que vous perdiez de ce fait du poids et que vous respiriez mieux. Le cœur a moins de mal à pomper. Vous ressentez aussi l’effet des diurétiques par le fait que vous devez aller plus souvent aux toilettes.
  • Un ARNI (antagoniste du récepteur de l’angiotensine II [ARA] associé à un inhibiteur de la néprilysine) peut être utilisé à la place d’un IEC ou d’un ARA. Il soulage le cœur tant par la dilatation des vaisseaux que par une amélioration de l’élimination de l’excès de sel et d’eau.
  • Les inhibiteurs du SGLT2 favorisent l’élimination de glucose, de sodium et d’eau, font baisser la tension artérielle et perdre du poids. La combinaison de ces effets est susceptible de soulager le cœur et le système vasculaire. En effet, la rétention d’eau dans les poumons et les jambes peut diminuer, soulageant les difficultés respiratoires.

D’autres médicaments que votre médecin est susceptible de vous prescrire en cas d’insuffisance cardiaque sont:

  • L’ivabradine qui ralentit la fréquence cardiaque et peut être utilisée si l’effet du bêtabloquant est insuffisant.
  • Un traitement au fer par injection intraveineuse si une carence en fer est constatée.
  • La digoxine, dans certains cas, lorsque les autres médicaments ne parviennent pas à remédier de manière satisfaisante aux symptômes de l’insuffisance cardiaque.

Des opérations sont-elles nécessaires?

Il se peut que les médicaments et les modifications de votre mode de vie ne suffisent pas, en particulier si l’insuffisance cardiaque est à un stade avancé. La mise en place d’une prothèse cardiaque implantée peut alors être une solution.

  • Le défibrillateur automatique implantable (DAI)
    En cas d’insuffisance cardiaque sévère, il y a un risque de troubles du rythme cardiaque dangereux. Un défibrillateur automatique implantable (DAI) détecte un tel trouble et y remédie en stimulant le myocarde ou, le cas échéant, en délivrant un choc électrique.
  • Le stimulateur cardiaque (CRT)
    En cas d’insuffisance cardiaque sévère, les deux ventricules ne pompent plus simultanément mais avec un décalage dans le temps. Cette mauvaise coordination entre le cœur gauche et droit entrave la circulation et réduit le débit sanguin. Un stimulateur cardiaque spécifique coordonne les deux ventricules et améliore ainsi nettement les performances de la pompe cardiaque. Ce traitement est appelé resynchronisation cardiaque ou CRT. Les stimulateurs CRT sont souvent équipés également d’une fonction de défibrillation comme dans un DAI.
  • La pompe cardiaque (DAV)
    En cas d’insuffisance cardiaque très avancée, il se peut que le cœur ait besoin d’un soutien mécanique. Ces systèmes sont appelés cœur artificiel, pompe cardiaque ou dispositif d’assistance ventriculaire (DAV). Il s’agit d’une pompe qui soutient soit le ventricule gauche, soit les deux ventricules. Elle est en général implantée directement à la pointe du cœur et reliée par un câble à un appareil externe appelé contrôleur. Ces systèmes d’assistance ventriculaire sont souvent utilisés en attente d’une transplantation cardiaque. Cependant, les personnes dont le cœur est très affaibli mais ne peuvent pas recevoir un cœur de donneur peuvent aussi porter un tel appareil durablement.
  • Autres interventions
    En fonction de la maladie, d’autres interventions peuvent s’avérer nécessaires, par exemple une opération de pontage ou une opération sur une valve cardiaque.

4. Chapitre Insuffisance cardiaque

Mon traitement: médicaments, apports hydriques, réduction du sel

L’insuffisance cardiaque se traite par des médicaments, impossible de s’en passer. Si les médicaments ne peuvent en principe pas faire disparaître votre insuffisance cardiaque, ils soulagent les troubles et réduisent le risque d’aggravation subite de la maladie.